Filmer les ouvriers de la Reconstruction à Brest

Un homme est mort est un film d’animation réalisé par Olivier Cossu en 2017, d’après une bande-dessinée homonyme d’Étienne Davodeau et Kris, et co-produit par Les Armateurs, Arte France et vivement lundi ! En 1950, à Brest, René Vautier, réalisateur communiste, vient filmer les ouvriers de la Reconstruction, au lendemain de la mort de l’un des leurs, Édouard Mazé.

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Ce film est une fiction mais qui se base tout de même sur des événements réels et des personnages historiques. On y voit la reconstruction de Brest au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la mort d’Édouard Mazé au cours d’une manifestation ouvrière, la venue de René Vautier, à la demande de la CGT pour filmer le quotidiens des ouvriers brestois.

Mais le film se concentre principalement sur un personnage fictif, P’tit Zef, un ouvrier qui ne sait pas lire, en révolte contre la police qui a tué son ami, manquant de confiance en lui et n’osant pas révéler ses sentiments pour son amie Paulette.

P’tit Zef et Édouard Mazé

Ce film n’est pas un hommage à la lutte, comme peuvent l’être certains films militants. Même si la couverture, nous montre une image de manifestation, ce n’est pas là la sujet principal. La grève ouvre le film, mais n’est pas centrale dans l’histoire.

Au contraire, ce film s’intéresse à la vie quotidienne des ouvriers brestois de l’époque. On y voit leur vie dans des baraquements de fortune, leur fierté de reconstruire cette ville totalement détruite par la guerre, mais aussi leur sentiment de révolte face à leurs salaires de misère.

La venue de René Vautier à Brest permet à P’tit Zef de s’évader quelque peu de ce quotidien pathétique. Mais surtout, le cinéaste lui apprend à redevenir maître de son destin, en lui affirmant qu’il a le pouvoir de changer les choses par lui-même.

Ce film nous interroge alors sur les moyens de mener nos luttes, sur la violence et sur le rôle des médias ouvriers, comme ici le rôle du cinéma.

René Vautier

Pour les besoins de l’animation, les dessins des personnages ont été simplifiés par rapport à la BD (que je n’ai pas lue). Les dessins sont donc assez simples, mais agréables à regarder. L’ensemble rend bien cette atmosphère liée à la reconstruction avec la ville en ruine.

C’est donc un film d’animation sympa à regarder. Il reste très accessible et ne se perd pas dans des débats théoriques qui ne parleraient qu’aux militants. Au contraire, il nous plonge dans le quotidien de cette période parfois méconnue qu’est l’après-guerre, avec la reconstruction de la ville de Brest.


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